La recherche sociale selon Google : une question éthique ou business ?

Le géant de la recherche sur le Web a franchi un nouveau cap dans sa croisière vers la « recherche sociale », en janvier dernier, lorsqu’il a annoncé l’intégration du contenu de Google+ aux résultats de son moteur recherche.

Partant de la prémisse que « la recherche est simplement meilleure lorsque votre monde en fait partie », les ingénieurs de Google ont intégré trois nouvelles composantes « sociales » à leur moteur : les résultats personnels, les profils de membres et les personnes et les pages.

Google a même nommé cette intégration : « Search plus Your World », en référence au nommage de Google Plus.

Alors que cette nouvelle d’intégration ravit les quelques membres du réseau Google, elle ne fait pas l’unanimité des Facebook, MySpace et Twitter de ce monde.

La raison est simple : si Google décide d’intégrer aux résultats de recherche le contenu issu des réseaux sociaux, pourquoi le fait-il seulement sur son réseau ? Selon ces derniers, Google devrait intégrer le contenu de tous les réseaux, afin de respecter l’ordre d’affichage « naturel » des résultats… c’est-à-dire un affichage classé par pertinence, et non pas par appartenance à la famille Google.

Remettre le focus sur l’utilisateur

En guise de protestation à ce favoritisme, des ingénieurs de Facebook, MySpace et Twitter ont mis en commun leur talent et développés une application web qui utilise l’algorithme de Google, mais qui intègre les résultats issus de tous les réseaux, et ce, tout en respectant l’ordre d’affichage naturel.

Une question « d’éthique » peut donc être soulevée : est-ce que Google, en tant que fournisseur d’un service de recherche web doit intégrer tous les contenus pertinents dans ses résultats de recherche ou, d’une perspective business, peut-il biaiser l’affichage de ces derniers à son avantage ?

Et la question « d’éthique » revient aussi à ses compétiteurs : est-ce que Facebook et les autres détournent l’attention en utilisant l’argument de la recherche « naturelle » ou « organique », alors que la véritable intention est d’utiliser les services gratuits de Google à leur propre avantage, sachant très bien que l’intégration de leurs réseaux aux résultats de recherche leur génèrera encore plus de trafic ?

Quoi qu’on en pense, force est de constater que si Google favorise ses propres résultats, Microsoft, quant à lui, n’hésite pas à intégrer la recherche sociale à Bing, son moteur de recherche. Mais cette stratégie va-t-elle vraiment lui attirer plus d’utilisateurs (au détriment de Google) ? Seul l’avenir le dira…

 

Auteur : Luc Lespérance, ATELYA